Cher lecteur, chère lectrice, nous revoilà dans ce deuxième article sur la genèse de Remy Wine House. Alors d’ailleurs, ce nom, on en parle ? À faire rougir les salons de coiffure ! Ça vient d’une vanne avec un être qui m’est cher, qui un jour m’a dit : « Bon mon gars, quand est-ce que t’ouvres ta cave ? Comme ça, tu l’appelleras Remy Wine House. » Au début, j’ai ri, et puis je me suis dit : tu sais quoi, je trouve ça marrant !
Musique, vin, au moins on sait où on met les pieds, non ? Bon, à tout moment la Pat’Patrouille peut me rattraper et me demander de changer de nom, hein, mais si ce jour arrive, ça voudra dire que ça a marché pour moi ! Et puis, bon, je m’appelle Remy, je parle de vin, et ici on est chez moi monsieur le juge !
Après la certification vin : place à la pratique
Parenthèse faite ! Une fois ma petite certification en poche, je me rends compte que ce n’est que le début de l’aventure. Je vois un peu ce diplôme comme le permis de conduire (oui, on tente des associations hasardeuses entre vin et permis de conduire… la Pat’Patrouille va arriver plus vite que je ne le pense !). Je m’explique : cette certification m’a appris parfaitement la théorie, les bases — savoir déguster, savoir parler d’un vin. Mais une fois qu’on s’est dit ça, le plus gros du travail, c’est de pratiquer. Tout comme j’ai travaillé mon oreille et la maîtrise de certains instruments en musique, dans le vin c’est la même chose : tu travailles ton nez, tes souvenirs, ta mémoire. Tu travailles tes sens et surtout, tu prends des notes !
Mon compte Instagram : un carnet de dégustation à l’ancienne
Ma première étape a été de me créer un compte Insta, vraiment pour l’utiliser à l’ancienne, comme avant que ça devienne n’importe quoi : hop, je poste une photo avec une légende. En gros, si une bouteille retenait mon attention, je la prenais en photo, la postais sur Insta avec en légende quelques annotations sur son ensemble, le budget, avec quoi je l’avais accordée, dans quel cadre. Comme un carnet de souvenirs. Alors oui, tu vas me dire, mon bon con, qu’il existe des tonnes d’applications sur le vin, sûrement bien mieux foutues : OUI. Je les ai eues, je les ai essayées, et j’ai fait comme tout le monde — au bout d’un moment, tu n’y retournes plus, parce que ça t’ennuie, parce qu’il y a des pubs, parce que TON millésime n’est pas référencé, parce que… Bref ! Moi, Instagram, malheureusement j’y vais tous les jours, donc ça m’allait très bien.
Ce qui m’a plu, c’est que sur ce compte je ne voyais QUE des choses en lien avec le vin. J’ai commencé à suivre un peu tous les domaines que j’avais étudiés en cours, les châteaux, les médias spécialisés (il y en a peu), quelques influenceuses et influenceurs vin. Bref, c’était cool, et je me suis rendu compte d’une chose : la communauté. J’ai été assez surpris de voir que, dans ce domaine, sur les réseaux, les gens sont bien plus accessibles que dans la musique par exemple. J’y vois bien moins de snobisme ; les gens likent plus facilement, commentent, il y a de l’échange, de l’entraide — franchement, j’ai trouvé ça top.
Quand le vin rencontre la musique sur Instagram
Puis, de semaine en semaine, j’ai commencé à faire évoluer le truc : accompagner ma photo d’une musique sympa. Puis poster une bouteille en association avec un vinyle, en justifiant l’idée. Et petit à petit, j’ai senti que l’association musique et vin interpellait beaucoup — tout le monde adore le concept, mais rien n’est vraiment fait. Du coup, j’ai voulu pousser un peu le bouchon en passant en mode « reel » : des petits montages sans prétention où j’ouvre une bouteille, mets un vinyle, et pareil, quelques annotations. Je me suis pris au jeu.
Sans trop m’en rendre compte, j’étais en train de construire une réflexion, une vision d’ensemble de la manière dont je voulais assembler mes passions. La musique d’un côté, le vin de l’autre. Dans mon esprit, ces deux mondes n’en forment en réalité qu’un seul, car pour moi : c’est de l’Art. On part d’une matière brute, on transforme, on assemble. C’est de l’artisanat, et ce qui me plaît là-dedans, c’est le supplément d’âme — et surtout l’émotion que ça procure.
L’émotion : le fil conducteur entre vin et musique
L’émotion, voilà, c’était ça. L’émotion, mon fil conducteur — je l’avais enfin trouvé !
Je côtoie le monde de la musique, je commence à côtoyer le monde du vin. Le monde de la musique aime le vin, le monde du vin aime la musique. On parle d’accords mets et vins, mais on ne parle pas d’accords musique et vin. Quand on déguste, on parle d’émotion. Quand on écoute de la musique, on parle d’émotion. L’utilisation des sens, des souvenirs, de la mémoire. Je dissèque une musique dans mon métier comme on décrit un vin en dégustation. Les similitudes entre ces deux univers sont là, sous nos yeux, et ne demandent qu’à être mises en relation pour de bon. J’avais trouvé mon crédo.
La rencontre avec Olivier Thiénot de l’École du Vin de France
Bon, une fois ça en tête, le plus compliqué, c’est de la matérialiser — surtout dans ma tête, car sur le papier, je n’ai pas réinventé l’eau chaude, mais visiblement ça plaît à tout le monde et pourtant on ne va jamais plus loin. Donc comment structurer cette pensée, comment la rendre intéressante, ludique ? À ce moment-là, on est en septembre 2025. J’en suis là dans ma tête, et je suis à l’île Maurice, en train de faire des concerts pour le Club Med et de bronzer sur la plage, quand — le hasard n’arrivant jamais seul — je reçois un message d’Olivier Thiénot, fondateur de l’École du Vin de France.
L’école organise souvent, en parallèle des formations, des ateliers dégustation pour les étudiantes et étudiants. Olivier me propose alors d’animer avec lui une dégustation vin & musique. Je fonce ! On se retrouve un midi à Levallois pour discuter du projet, mélanger nos idées, voir ce qui est faisable ou non, comment articuler l’événement, sa durée, etc. Un moment d’échange passionnant, qui aboutit à la mise en place d’un cours exceptionnel : « Vin & Musique : L’accord Parfait ». Une date unique en décembre 2025, où l’on bouscule les codes de la dégustation de vin. 2h durant lesquelles seront associés 3 vins à 3 musiques en parfaite résonance. 2 accords à expérimenter et à voter collectivement. Et pour finir, une playlist par vin, faite par bibi, offerte aux invités — le tout avec un maître mot : émotion.
Vin & Musique : L’accord Parfait, le jour J
Le jour J, me revoilà sur les bancs de l’école, mais cette fois-ci de l’autre côté ! Me voilà donc face à une bonne vingtaine de convives venus de divers horizons, avec un casting de rêve sur ce plateau : Olivier en maître de cérémonie et LA parole côté vin (sélection faite par ses soins), et Stéphane au service et bien plus encore.
J’étais tellement heureux d’être là. J’avais préparé mes petites fiches en introduction, et je me suis très vite rendu compte, à cette première, que le discours n’était pas encore bien rodé de mon côté ! C’est si compliqué de mettre des mots sur quelque chose d’aussi subjectif que l’art, l’émotion. J’essayais d’expliquer ma démarche, puis rapidement j’ai lâché prise et j’ai dit, en rentrant dans le vif du sujet : « Vous allez comprendre ! » Et là, la magie a opéré !
Nous étions deux passionnés à échanger musique et vin devant un public conquis, où chaque dégustation devenait un moment d’émotion suivi d’échange. J’expliquais pourquoi ces choix musicaux — pourquoi, par exemple, un Chablis m’évoque le chalet, la neige, les crooners comme Dean Martin. Mon ambition était d’ouvrir les chakras, de donner les clés de la réflexion sur l’association musique et vin, de faire le lien entre ces deux mondes, de les démystifier, et surtout de bien faire comprendre que chacune et chacun a sa propre perception, ses propres goûts et surtout ses propres souvenirs. Pour la faire courte : je ne conseillerais jamais de la country sur du Châteauneuf-du-Pape à quelqu’un qui déteste la country (et/ou le Châteauneuf-du-Pape d’ailleurs mais c’est plus rare haha). Le message a été plus que compris, surtout au moment où j’avais mis en concurrence trois extraits sur un même vin — le dernier était un test pour moi. Les trois extraits « matchaient », résultat : on était presque sur une égalité parfaite entre les trois. Mission réussie.
Bilan : deux passions réunies, une ambition confirmée
Je suis sorti de cet atelier sur un petit nuage. Je me suis senti vivant, à ma place, et fier de réunir mes deux passions. La vie est faite de choix, ce serait utopique de dire qu’on peut y échapper mais ici, je veux me dire que oui, pas besoin de choisir, je veux les deux, ensemble.
Cet atelier m’a permis de créer 5 playlists pour 5 vins — pour les curieuses et les curieux, vous n’avez qu’à me les demander. Mais surtout, il m’a permis de structurer un peu plus mon ambition, et de me rapprocher un peu plus d’où j’en suis aujourd’hui.
La suite ? Dans le prochain article !

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