Ahhh… On y est, ça y est ! Un endroit pour écrire, jouer avec les mots, jouer avec les sens ! C’est l’heure du premier article, comme toutes les premières fois, un mélange d’hésitation et d’excitation. En tout cas, je suis ravi d’écrire : ici, on peut prendre le temps, aller chercher le détail, l’anecdote, l’authentique ! Alors oui, pari osé dans un monde où on ne reste pas plus de 3 secondes sur une vidéo avant de scroller (j’ai les stats…), où on regarde des séries en accéléré, où on n’écoute plus d’albums… et bien oui, Môssieuuuur a décidé d’écrire, de laisser sa plume divaguer !
Vous allez bien vite découvrir (ou redécouvrir) que je suis quelqu’un animé par la « passion » : c’est un peu mon moteur, ma boussole. Il y a des personnalités très cérébrales ; moi, si on devait me mettre dans une catégorie (et vous verrez que je DÉTESTE les catégories), je suis quelqu’un qui vit à l’instinct, qui pense avec le cœur, et pour le moment je dois vous avouer que ça se passe plutôt bien ! Bon, je vous rassure, il y a beaucoup de « JE » dans cet article, car il faut bien vous expliquer qui je suis pour comprendre ce que vous faites là ! Promis, les prochains articles parleront vin, musique, émotion, et ce sera bien plus intéressant que mon épitaphe avant l’heure !
Mon rapport au vin : une histoire qui commence dans la Vallée du Rhône
Mon rapport au vin démarre dès l’enfance — dit comme ça, c’est bizarre, mais c’est bien vrai. Non, je ne buvais pas des « canons » à six ans ; je vous parle de l’enfance parce que ma famille vient d’une magnifique région, plus précisément de la Drôme-Ardèche, région viticole qu’on appelle dans le vin « la Vallée du Rhône ». Le terreau (surtout la terre, hein) était donc déjà propice à entendre parler vinasse. Mes grands-parents et arrière-grands-parents avaient de petites parcelles confidentielles où ils faisaient leur propre vin de table. J’ai eu l’immense chance de découvrir les vendanges en famille, de ramener le raisin en cave et surtout de voir de mes propres yeux intrigués le foulage au pied ! Pour info, le foulage consiste simplement à exercer une pression sur les raisins pour éclater les baies et obtenir une mixture qui va ensuite aider à la fermentation. À l’époque, je ne sais pas ce qui m’a le plus marqué : voir mes proches, pieds nus, marcher sur du raisin dans un immense tonneau, ou l’odeur — parce que je peux vous dire qu’il y avait de ces vapeurs !!!!!
À l’époque, je ne prenais pas conscience de la chance que j’avais d’être témoin de ce savoir-faire : voir ces barriques, sentir ces odeurs, comprendre la terre, la magie de la pierre qui maintient une cave en température, voir ces vignes, ces belles grappes… La seule chose qui me faisait rêver, c’était de voir en arrivant sur ces collines les pancartes PAUL JABOULET AÎNÉ et M. CHAPOUTIER façon Hollywood — j’avoue, ça me le fait toujours aujourd’hui !

Du rosé au vin rouge : ma lente conversion (et ma révélation)
Le pinard, c’était aussi un sujet de discussion, d’héritage, qui rassemble. Mais sachez-le : j’ai aimé le vin rouge très, très, très tard ! Et oui, j’avoue, je ne me suis pas facilité la tâche, mais merde, on veut de l’authentique, donc OUI, j’ai fait partie de celles et ceux qui, pendant des années, été comme automne, hiver et printemps, tournaient au rosé. La seule différence se jouait sur l’ajout d’un glaçon à l’arrivée des cigales. OUAIS, j’ai fait ça… Même pas conquis par le blanc non plus. Je pense avoir goûté le rouge trop jeune, sans le palais assez mature, et je n’ai pas réitéré l’expérience pendant de nombreuses années. Bon, en même temps, à 20-25 ans, on connaît la chanson : c’était l’apéro avec trois tomates cerises, deux baby carottes et des Tucs — donc je vous l’accorde, ce n’était pas forcément le moment idéal pour que le rouge marque des points.
En tout cas, une chose est sûre : le jour où j’ai dégusté à nouveau un vin rouge (il y a deux semaines… je plaisante), ce fut franchement une révélation. Pas de quoi voir une lumière divine, mais à ce moment-là, j’ai compris toute la complexité aromatique, le nombre d’informations présentes dans une seule gorgée : j’étais fasciné. Ce fut comme un électrochoc, les souvenirs d’enfance qui refont surface, et je me suis dit : « OK mec, c’est passionnant, j’ai envie d’en savoir plus, j’ai envie de comprendre comment un vin est fait, pourquoi en partant d’un simple raisin on arrive à une telle richesse, une telle émotion. » J’ai tout de suite vu ça comme un véritable Art : il fallait que j’en sache plus, beaucoup plus…
(Si c’était un film, ce serait le moment de la pub — n’hésitez pas à vous rafraîchir, à vous dégourdir les jambes, et à poursuivre la lecture.)
Ma formation vin : L’École du Vin de France
C’était donc avant Noël. J’ai commencé à acheter des livres sur le vin, à me renseigner sur internet, puis (c’est là que vous allez commencer à comprendre le côté instinct/passion qui peut vite devenir débordant) je me suis mis à chercher s’il existait des formations vin certifiantes. Je voulais TOUT savoir. C’est à ce moment-là que j’ai découvert l’École des Vins et Spiritueux (désormais l’École du Vin de France), qui se trouve à Paris Bercy. Cette formation, je devais la faire en parallèle de mon job, donc il me fallait quelque chose qui puisse s’adapter à mon calendrier, c’était juste parfait.
Il y avait deux formations qui me tentaient à l’école : la formule WSET, basée sur les vins du monde, ou la formule sur les vins français, avec à la clé une certification et le titre de French Wine Ambassador. Je ne suis pas forcément chauvin, mais j’aime la fierté que peut avoir notre beau pays et son rayonnement international autour des vins et spiritueux. J’ai opté pour la formule sur les vins français, et je peux vous dire qu’il y a de quoi faire !
Niveau 1 et 2 : les fondations
Cette formation certifiante se déroule sur trois niveaux. Me voilà donc, début janvier, inscrit pour la session niveaux 1 et 2 de mars 2023 ! Le niveau 1 consiste vraiment en une initiation : apprendre les bases de la dégustation (je vous ferai un article là-dessus), mais aussi les bases du vin dans les grandes lignes (l’histoire, le lexique de base). Le niveau 2, quant à lui, est déjà bien plus velu. Les cours théoriques sont déjà assez poussés : chaque région viticole est analysée, avec son histoire, ses spécificités, ses forces et ses faiblesses. Le nombre de dégustations en classe est conséquent. Et sachez que les cours durent de 9h à 17h — donc à 9h, il faut être d’attaque pour déguster les premiers vins ! C’est typiquement le moment où on comprend pourquoi les professionnels crachent… 🙂
L’examen se présentait sous deux formes : QCM pour la théorie, dégustation à l’aveugle pour la pratique, avec deux vins (rouge et blanc) monocépages. Lors de la dégustation à l’aveugle, il faut analyser la robe, le premier nez (les arômes ressentis), le deuxième nez (après aération), puis la dégustation en bouche avec le détail de l’acidité, de la persistance aromatique, de la présence de tanins, de l’équilibre global, et évidemment, si on est très fort, le cépage ! J’y reviendrai plus longuement dans l’article sur la dégustation.
Ce niveau 1+2 était passionnant : d’une part, j’ai rencontré des personnes intéressantes et intéressées, des formateurs et formatrices au top, et j’ai vécu un véritable échange sur la place du vin aujourd’hui.
L’une des choses que j’ai vite comprises, et qui était un peu déroutante, c’est que lors des dégustations, je m’attendais à ce qu’il n’y ait qu’une seule bonne réponse. Je m’explique : quand tu sens un vin, tu aimerais que quelqu’un te dise « dans ce vin, il y a ça, ça et ça » et basta. Or, dans la pratique, ça ne se passe pas vraiment comme ça. Il y a la théorie, oui, sur le papier : tel cépage a telle spécificité (par exemple, tu ne sentiras le poivron vert qu’avec du cabernet), le sol, les températures, la proximité de la mer, ou autre, vont amener des spécificités qui te permettront de distinguer les vins. Mais en pratique, il n’y a pas UNE seule bonne réponse, mais une multitude — et cette multitude, cette complexité, elle vient de nous, de notre ressenti, de notre nez, de notre palais et surtout… de notre sensibilité !
Vers la certification French Wine Ambassador
Et oui, on parle bien d’émotion. On est donc aux prémices de ma réflexion. Une fois le diplôme en poche, je n’avais qu’une hâte : passer la certification French Wine Ambassador. Mais cela implique énormément de travail personnel, tant sur la partie théorique que sur la pratique. Et oui, c’est comme tout : un nez, ça se travaille, et honnêtement je n’avais ni le budget ni la disponibilité pour faire des dégustations tous les jours. Et une chose importante : comme en musique, comme en tout, le temps a son importance ! C’est avec le temps qu’on se perfectionne, que notre nez gagne en maturité, favorise les associations, se souvient. Si on le sature, on n’est plus efficace.
J’ai donc décidé d’attendre 2024 pour passer la certification, et là, c’était du costaud. Pour y parvenir : dégustation à l’aveugle, mise en situation avec questions à réponse courte, QCM, et un cas pratique où l’on devait établir sa propre carte des vins. Je me suis donc mis dans la peau d’un caviste en ligne et j’ai créé ma carte, comprenant 50 vins et spiritueux disponibles à la vente avec toutes les infos qu’on aimerait connaître : le prix, la température de service, le degré d’alcool, le cépage, le domaine, et le petit conseil du caviste en accord mets-vins. Le tout avec une très belle mise en page, et évidemment, vous me connaissez, j’avais déjà créé des playlists pour les dégustations !
Le niveau 3 : le nez, la mémoire, et Le Nez du Vin
J’ai donc travaillé pendant plusieurs mois la théorie, et surtout mon nez. Le nez est vraiment, pour moi, l’élément le plus important dans la dégustation. Il nous donne le maximum d’informations, à commencer par si le vin est bouchonné ou pas ! Ce qui a vraiment fait la différence, c’est l’ouvrage Le Nez du Vin des éditions Jean Lenoir. Ce livre répertorie les 54 arômes les plus identifiables dans le vin, sous forme de petites fioles (je vous raconte tout ça bientôt). J’ai bachoté environ six mois avant la session en classe, suivie des examens. Ce niveau 3 était vraiment costaud — normal, on parle d’une certification reconnue ! Côté théorie et cas pratique, j’étais assez serein : j’avais vraiment bossé à fond, fait des fiches (à l’ancienne), c’était relativement clair. Oui, rien que le bouquin de cours, on était sur un grammage à la Harry Potter et l’Ordre du Phénix. Les cours en classe étaient passionnants, on est vraiment entré dans le détail, région par région, typicité des sols, des cépages : le niveau était très élevé et les débats passionnants. Sans parler des dégustations, qui étaient évidemment un cran au-dessus. La dégustation à l’aveugle était ce qui me faisait le plus peur : après des journées intenses de dégustation, il faut garder l’esprit vif et se faire confiance. Je pense que l’une des clés, c’est d’écouter son ressenti initial — si on réfléchit trop, on se perd, on part dans une autre direction. Je m’en souviens comme si c’était hier : le rouge Syrah (pour mon plus grand plaisir), le blanc Gewurztraminer (il était canon). Après quelques semaines d’attente, j’étais certifié avec mention — quelle satisfaction personnelle ! Un sentiment d’accomplissement, un soulagement aussi de me dire : « OK, je sais de quoi je parle, et je me sens légitime. »

La légitimité en question : pourquoi le snobisme n’a pas sa place
Et oui, la légitimité… C’est quelque chose qui m’a toujours agacé, que ce soit dans la musique comme dans le vin (ou ailleurs, j’imagine). Très souvent, on se regarde de haut, on se juge. Beaucoup n’osent pas s’exprimer, surtout dans l’Art, parce qu’ils ont peur de passer pour des prétentieux, d’être « boring », ou de ne pas être suffisamment « capés » pour défendre des convictions. J’ai trop souvent vu des raccourcis où il était limite tabou de parler « mainstream », où il fallait toujours être « niche » pour sembler connaisseur. C’est presque honteux de dire qu’on aime la musique commerciale, ou un vin acheté à Carrefour, Leclerc ou Lidl !
Ce type de comportement m’agace et accroît le côté inaccessible de tout ça. Pourtant, en musique comme en vin, on ne cherche pas forcément la rareté — jusqu’à preuve du contraire, on cherche déjà à apprécier, à se cultiver ! Ce fut l’un des premiers éléments qui m’a poussé à vouloir parler d’Art autrement. Et je t’en parle dans le prochain article !!!
(Et oui, n’oublie pas, je suis publicitaire 😉)
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